31.1.10

Workshops for Modernity



Le Bauhaus, école indubitablement reliée à l'avènement de la modernité en arts, est une des institutions pédagogiques les plus marquantes du 20e siècle. Non seulement ses professeurs et élèves furent notables et influents, mais leurs philosophies et mode de vie sont encore aujourd'hui digne d'intérêts tout à fait contemporains.

Ce qui me stimule, moi, autour des idées nouvelles développées entre les murs de l'école de Weimar puis Dessau, c'est le concept fondamental de communauté. Le bâtiment phare, conçu par M. le directeur Gropius, est ordonné en ce sens. Les salles de classes, les espaces publics et les résidences ont été pensés pour s'allier autour du partage de la vie commune. À ce qu'on dit, les relations professeur-élèves étaient tout ce qu'il y a de plus utopique dans l'égalité et le respect. Mais ce qu'il y a de plus fascinant encore, c'est que tout ces efforts de communauté étaient déployés afin d'apprendre et ultimement de produire ensemble des réalisations se rapportant à l'oeuvre d'art totale.
Oeuvre d'art totale? Oui, cette idée de rassembler le travail artisanal des différents matériaux aux connaissances techniques de la forme et de la couleur pour créer un produit qui réunirait le plus de disciplines artistiques ensemble. Aux débuts de l'école, durant les années à Weimar, le projet final regroupant tout les profs et étudiants était d'ordre architectural, comprenant des objets, des textiles, des design et tout le tralala pensé et construit pour faire partit du tout que formait une maison. Puis plus tard, l'école produisit pièces de théâtres et ballets à l'image de la Gesamtkunstwerk de Wagner.



Wassily Kandinsky

Lithographie pour le 4e dossier Bauhaus , 1922


Bref, grosse expo sur le Bauhaus au MoMA cet hiver, en fait la seule rétrospective importante depuis les années 30. On y voit des devoirs et horaires d'étudiants (quand Kandinsky est votre enseignant du cours Forme et Couleurs à 2h30), projets finaux en textiles et autres, design de costumes et d'objets semblant tout droit sortis de chez IKEA (en fait, comme nous conseillait ma professeure d'art moderne, le meilleur endroit pour comprendre le style Bauhaus est d'aller faire un tour chez la multinationale suédoise du meuble), et une sublime sélection d'oeuvres des enseignants. Évidemment on peut admirer la fameuse chaise de Buer et toutes ses variations, s'attarder sur les divers plans explicatifs du complexe de Dessau, et admirer certains chef d'oeuvres des Kandinsky, Klee, Itten, Moholy-Nagy et autres. Le tout dans une mise en exposition divertissante, colorée et variée. Les salles sont bien balancées entre meubles, photos, objets et dessins de toutes sortes, bref aucun ennui en vue. Seul hic: peut-être un manque de pédagogie (surprenant?) de la part du musée. Les panneaux explicatifs ne sont pas exhaustifs, et il faut presque les chercher au travers des salles pour mieux suivre l'évolution temporelle entre les différentes phases de l'école, qui sont d'ailleurs un moyen essentiel pour mieux comprendre l'évolution des concepts et idéologies modernes.

Il est trop tard pour visiter l'expo qui vient de se terminer au Museum of Modern Art de New York, mais pour les intéressés plusieurs publications sont accessibles, comme le catalogue de l'exposition (cher mais très beau livre). Sinon, le site de l'expo est toujours disponible sur le net, et il offre à lui seul une belle vue d'ensemble sur ce que vous avez manqué.

26.1.10

Space Odyssey


Nouvel album de M.I.A. intitulé Mission.Impossible.Area. théoriquement pour Mai 2010!

25.1.10

Démocratiser les arts élitistes


Sortant tout bonnement de l'université aujourd'hui, je suis tombée pile à temps pour une session d'Opéra dans le métro, partenariat magnifique entre l'Opéra de Montréal et la STM.
Cinq extraits chantés par les artistes faisant partie des spectacles actuels, dont certains tirés de la nouvelle production, Tosca, qui ouvrira le 30 Janvier prochain. Et une surprise finale: Annie Sanschagrin, la grande gagnante du concours télévisé Apéro à l'Opéra sur ARTV a clôturé l'événement avec quelques magnifiques minutes de poésie lyrique, un autre grand air de Tosca.

Personnellement, si seulement il existait plus d'initiatives de ce genre, je ne pourrais qu'être fière à l'exponentielle de ma ville et son ouverture culturelle. L'Opéra, art élitiste par excellence, est probablement ce qu'il y a de coté comme "moins accessible" pour la population moyenne. On s'essaye plus facilement aux expositions contemporaines dans les musées, sans nécessairement y venir avec déjà une certaine culture en banque. Alors pourquoi passer à côté d'un art qui se veut total, englobant mise en scène théâtrale, musique classique, poésie, chant, costumes et j'en passe? Pas nécessaire de comprendre l'Italien pour suivre l'histoire, c'est sous-titré. Pas non plus besoin de savoir comment se termine l'acte II ou en quelle année a été écrit le livret, Claude Gingras ne sera sûrement pas assis à côté de vous pour juger votre ignorance. Il est possible de se pointer à une production sans aucune culture connexe, et de tout simplement profiter du spectacle, comme on va au cinéma et au théâtre. Le vrai hic d'après moi? Le budget. Un billet pour l'Opéra coûte plus cher il est vrai qu'un billet de cinéma. Mais enfin, on se plaint quand Madonna au centre Bell ou Radiohead au Parc Jean-Drapeau nous demandes un bras, mais on y va quand même! Alors tout n'est qu'une question de priorités, mais surtout de préjugés. Ces derniers ne demandent qu'à être effacés de la croyance populaire, et c'est justement bien prouvé par notre institution lyrique montréalaise, qui offre ici une chance géniale de profiter des plus belles voix du monde pour gratos, et ça dans le lieu le plus démocratique possible- le métro.

Prochains métrOpéras à ne pas manquer:



  • 26 janvier : Tosca
  • 23 février : Nelligan
  • 24 février : Nelligan
  • 25 février : NelliganOpéra de Montréal
  • 18 mai : Cendrillon
  • 19 mai : Cendrillon
  • 20 mai : Cendrillon

23.1.10

Du nouveau de Banksy


Il faut dire qu'on ne s'en plaindra surtout pas! Un film à venir qui sortira en salles au printemps, et beaucoup de nouvelles productions pour le plus fameux des artistes graffitis.












19.1.10

La relève de la musique en partenariat avec la haute couture



Dans l'édition de Janvier du Vogue USA, les grandes maisons de couture ont associé, l'espace d'un shooting, leur nom aux groupes indie rock de l'heure. aux côtés d'une mannequin, on peut reluquer les outfits magnifiquement choisis pour les membres de Golden Silvers, MGMT, The Horrors, Beirut, Chester French, Adam Green, Vampire Weekend et Mika. Ce genre d'initiative de partenariat avec la musique émergente concrétise leur importance dans la culture d'aujourd'hui, et d'après moi, c'en est que rafraîchissant!













14.1.10

Être ou ne pas être: Hipster.


Terme à connotation depuis toujours péjorative, hipster sonne le glas de... la floraison des cultures émergentes. Pourquoi en sommes-nous à dégrader la source même de ce qui plus tard en vient à créer les nouvelles vagues.

La contre-culture a toujours été là pour faire réagir. Elle semble exubérante au premier regard, voire insolite. Mais depuis les révolutions culturelles de 68, l'unique, le différent est synonyme de modèle à suivre. Evidemment, il s'enchaîne un cycle paradoxal où la marge deviens masse, d'où s'implantera une nouvelle marge qui tranquillement influencera cette nouvelle masse. Les réels trendsetters sont ceux qui nagent dans un climat propice à la création de tendances, que ce soit culturelles, esthétiques, musicales, etc. Avant tout le monde, ils arborent certains styles vestimentaire, écoutent certains groupes de musiques, vivent en marge de la majorité, tout en attirant celle-ci vers eux. Ils adaptent les passerelles de mode à la réalité des salles de classes et des salles de concerts. Ils popularisent ce qui se retrouvera plus tard dans votre ipod par leur incroyable réseau de bouche à oreille.

Le terme appliqué à la réalité montréalaise définit les hipsters d'abord géographiquement. Le Mile-End, quartier des artistes par excellence ceinturant l'estimé boulevard Saint-Laurent, est l'épicentre des magasins vintage et des bars underground. Des boutiques de vinyles aux salons de coiffure extravagants, on y trouve tout le nécessaire à la vie de bohème révisée édition récente. Si vous cherchez les cool kids et les musiciens, c'est là qu'ils seront comptés en plus grand nombre. Le Plateau, fidèle à sa clientèle hippie et baby-boomers, est un autre modèle de contre-culture montréalaise mais cependant suit un peu derrière pour ce qui est de l'avant-garde.

Alors, ces trendsetters, sont-ils fiers de faire partie de la contre-culture? Je l'espère. Mais aucun d'eux ne revendiquent le titre de hipster. Comme s'il était mal vu de faire partie du dit groupe d'initiés à la musique indie et aux allures quelque peu trash. Pourtant, théoriquement, les hipsters sont créateurs des modes et courants que nous suivons et suivrons tous. Ce devrait plutôt être une fierté qu'une honte d'appartenir au terme. Mais ce qui est visible comme critique sur le net et du bouche à oreille est qu'arborer une étiquette est non seulement restreignant, mais c'en revient aussi au cycle paradoxal mentionné plus haut. Être catégorisé signifie faire partie d'un groupe, donc manquer d'individualité. Or l'excellence de l'existence en cette ère post-moderniste est l'unicité en son genre. On recherche l'authenticité archétypale. Comment alors accepter bêtement qu'on se regroupe sous une même bannière? Voilà peut-être une faiblesse contemporaine.

**billet de Sébastien Diaz dans le Voir en Janvier 2010 ici