14.1.10

Être ou ne pas être: Hipster.


Terme à connotation depuis toujours péjorative, hipster sonne le glas de... la floraison des cultures émergentes. Pourquoi en sommes-nous à dégrader la source même de ce qui plus tard en vient à créer les nouvelles vagues.

La contre-culture a toujours été là pour faire réagir. Elle semble exubérante au premier regard, voire insolite. Mais depuis les révolutions culturelles de 68, l'unique, le différent est synonyme de modèle à suivre. Evidemment, il s'enchaîne un cycle paradoxal où la marge deviens masse, d'où s'implantera une nouvelle marge qui tranquillement influencera cette nouvelle masse. Les réels trendsetters sont ceux qui nagent dans un climat propice à la création de tendances, que ce soit culturelles, esthétiques, musicales, etc. Avant tout le monde, ils arborent certains styles vestimentaire, écoutent certains groupes de musiques, vivent en marge de la majorité, tout en attirant celle-ci vers eux. Ils adaptent les passerelles de mode à la réalité des salles de classes et des salles de concerts. Ils popularisent ce qui se retrouvera plus tard dans votre ipod par leur incroyable réseau de bouche à oreille.

Le terme appliqué à la réalité montréalaise définit les hipsters d'abord géographiquement. Le Mile-End, quartier des artistes par excellence ceinturant l'estimé boulevard Saint-Laurent, est l'épicentre des magasins vintage et des bars underground. Des boutiques de vinyles aux salons de coiffure extravagants, on y trouve tout le nécessaire à la vie de bohème révisée édition récente. Si vous cherchez les cool kids et les musiciens, c'est là qu'ils seront comptés en plus grand nombre. Le Plateau, fidèle à sa clientèle hippie et baby-boomers, est un autre modèle de contre-culture montréalaise mais cependant suit un peu derrière pour ce qui est de l'avant-garde.

Alors, ces trendsetters, sont-ils fiers de faire partie de la contre-culture? Je l'espère. Mais aucun d'eux ne revendiquent le titre de hipster. Comme s'il était mal vu de faire partie du dit groupe d'initiés à la musique indie et aux allures quelque peu trash. Pourtant, théoriquement, les hipsters sont créateurs des modes et courants que nous suivons et suivrons tous. Ce devrait plutôt être une fierté qu'une honte d'appartenir au terme. Mais ce qui est visible comme critique sur le net et du bouche à oreille est qu'arborer une étiquette est non seulement restreignant, mais c'en revient aussi au cycle paradoxal mentionné plus haut. Être catégorisé signifie faire partie d'un groupe, donc manquer d'individualité. Or l'excellence de l'existence en cette ère post-moderniste est l'unicité en son genre. On recherche l'authenticité archétypale. Comment alors accepter bêtement qu'on se regroupe sous une même bannière? Voilà peut-être une faiblesse contemporaine.

**billet de Sébastien Diaz dans le Voir en Janvier 2010 ici

6 commentaires:

  1. Peut-on réellement parler de l'ère post-moderne? Je me le demande puisque plusieurs penseurs refusent de se catégoriser comme post-modernes. Ainsi, certains sont restés dans la modernité et d'autres évolue en coupure avec la post-modernité, mais en dehors de la modernité. Ainsi, la post-modernité en soit n'atteint pas la majorité des auteurs ou des artistes. Au niveau musical d'ailleurs, on ne peut parler de musique moderne ou post-moderne, mais on peut clairement catégoriser la musique dans des groupes précis et bien définis qui ne se rattachent pas à un courant dominant.

    Cela étant établit, le hipster, comme créateur d'un mouvement, n'est pas le réel créateur du dit mouvement. La culture indie et indie- rock n'est pas le monopole du hipster. D'ailleurs, le hipster s'est nourrit de cette culture underground afin de développer sa propre culture underground. Ainsi nous avons tendance à associer indie, trash ainsi que plusieurs formes artistiques à la culture hipster et c'est là une erreur. Le hipster est arrivé après et il s'est imposé comme centre de diffusion de ces styles musicaux, vestimentaires et artistiques. On peut être issue de la culture indie et ne pas être hipster et dans ce cas, refuser la catégorie relève de l'instincts de préservation. En effet, la catégorie hipster limite le développement de la culture indie ou trash-electro, qui ne recherchent pas l'unicité, (et d'où je suis issu) en l'associant à une image péjorative.

    Enfin, il me semble important de rectifier un point important: la révolution culturelle de 68 avait des visée émancipatrices à caractère social et non individualiste. Il est ainsi erroné de comparer 68 à la culture du différent individuel. Dans les suites de cette révolution en effet, ou plus près d'ici, des les suites de la révolution tranquille, s'est développé un contre-courant individualiste, mais il n'est pas un effet de ces révolutions. Au contraire, il s'agit d'un contre-effet de «la révolution trahie» (pour mal citer Trotsky), ou plus précisément, d'un contre-effet de la récupération politique générationaliste de la révolution.

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  2. Si piocher sur mes termes est ta seule manière de répondre aux questions que je pose, eh bien tu passes à côté de la réflexion.

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  3. Je ne pioche pas sur tes termes, je défini mes raison de refuser l'appellation de hipster en fonction des termes que tu a utilisé.

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  4. moi je ne t'ai jamais traité de hipster Market

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  5. Tout cela étant dit, le post-moderniste vs le modernisme pourrait bien faire objet de plus amples réflexions, quoique je vois difficilement où les sciences politiques et l'histoire de l'Art puissent s'entendent sur des définitions... En fait plusieurs parlent d'hyper-modernisme ces temps-ci

    Sinon, côté définition du hipster-isme, je cois que c'est impossible de bien la cerner. Bref comment parler de quelque chose si l'on a tous une définition différente?

    Quant à 68, d'après moi, le courant individualiste est selon moi un effet direct de l'héritage de nos chers parents. Encore une fois, la réflexion de mon billet ne portait pas là-dessus..

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