25.2.10

Fuck les tendances




Après avoir lu la courte entrevue entre Anabelle Nicoud de cyberpresse et l’écrivain Mark Tungate, je me suis rappelée du moto pour lequel je vivais depuis la tendre adolescence et que j’avais probablement un peu perdu de vue depuis deux ans : Avoir du style sans suivre la masse aveuglément.

Tout le monde affirme n’acheter que ce qu’il aime et rien qui ne s’allierait pas avec son intégrité. Bullshit. Non seulement les modeuses se laissent influencer par les choix des gens plus cool qu’eux, mais elles (et ils) s’agrippent à toutes les nouvelles tendances (OK avec exceptions, mais beaucoup des nouvelles tendances), cherchant à personnaliser leur style dans les choix qu’elles font. Mais elles ne voient pas que de fonctionner comme ça, c’est terriblement restrictif. 
Plus concrètement : La mode est au militaire. X trouve que ce qui sort du podium est bien cool, et X regarde des photos sur le net d’autres modeuses adaptant tel ou tel item militaire dans leurs tenues du jour. X part faire les boutiques, et consciemment ou inconsciemment, se retrouvera devant une veste kaki ponctuée de studs chez Forever 21, pas trop cher, assez jolie. Super trouvaille, qu’elle se dit naïvement. X retourne chez elle avec son nouveau vêtement de mode, et affirme s’être approprié la tendance en restant fidèle à son style puisque la veste est de son goût, mais pas trop flyée quand même. Elle n’aurait jamais acheté quelque chose qu’elle trouve laid. Mais ÉVIDEMMENT! Qui fait ça? C’est plutôt le fait que X n’ait pas réfléchi à l’image qu’elle désire projeter à travers son style vestimentaire qui prouve son asservissement à la mode. Le vêtement militaire, utilisé ici en exemple, est un symbole fort et bien que Balmain réussisse à le décontextualiser complètement, il reste imprégné, eh oui, des images de la guerre. Alors petite X, toi qui te dis pacifique, gentille, bla-bla-bla, tu te retrouves avec un vêtement qui ne te représente pas, mais que tu as acheté parce que le magasin en vendait et ça avait l’air cool.
L’exemple du militaire est plus facile que la mode aux motifs liberty, je le conçois. Mais reste que la réflexion sur l’intégrité de son style personnel manque souvent quand on est devant les rayons, quoi que l’on dise. J’avoue, depuis que je regarde avec plus d’intérêt ce qui se fait dans le monde de la mode, que j’ai, disons moins réfléchit sur ce sujet à plusieurs moments dans mes séances de magasinage. C’est que quand la mode nous intéresse, on se laisse aller dans un tourbillon d’influences fortes. Et à force de vouloir donner une certaine image (nécessairement le plus cool possible) de soi, on met de côté notre personnalité propre.

Alors non je ne veux pas acheter de souliers à talons, c’est pas confortable. Non je ne veux pas de veste militaire, je déteste l’armée. Non je ne superposerai pas les blancs crèmes et beiges, c’est beaucoup trop tachant. Eh non je ne veux pas de grosse sacoche en cuir, ni d'aucuns accessoire avec des studs, et pas non plus de Ray Ban

réflexion à venir: La temporalité restreinte de la mode c'est con

22.2.10

SUHA


Ce jeudi à l'occasion des Rendez-vous du cinéma Québecois, c'est une soirée dédiée aux courts métrages sur la marginalité à la cinémathèque québecoise. Allez visionner la première de SUHA: Le film retrace les aventures d'une jeune artiste graffiti s'intégrant à la scène underground montréalaise.



toutes les infos ici

21.2.10

Rick Leong à la Parisian Laundry

L'expo qui vient de se terminer à la Parisian Laundry nous donnait un bref aperçu de l'oeuvre de Rick Leong.

Artiste canadien vivant à Montréal, Leong invite le spectateur à se perdre dans son univers enchanteur. Sujet de prédilection: Pratiquement que des forêts luxuriantes rappelant les jungles du douanier Rousseau, mais quelles forêts! À la mi-chemin entre les inspirations orientales des estampes japonaises et occidentales de l'art nouveau, la fluidité des lignes dominent fortement ces ensembles de lianes, de plantes, de fleurs et de racines enchantées, qu'on croirait aussi délicates que du corail. La facture très adoucie des coups de pinceau demande par contre de profiter des oeuvres à une certaine distance, car de trop près le fond se mélange à l'avant et la profondeur se perd dans la douceur des verts. 

Déception par exemple, quand à la sélection d'oeuvres présentées à la Parisian Laundry. Aucune de celles présentées sur le site de la galerie (ci-dessous) ne figuraient parmi les quelques dix peintures et trois croquis exposés. 


19.2.10

Méduses

Il était temps. Un second vidéoclip pour l'album Sport de Combat de Numéro#



18.2.10

17.2.10

Animal Collective au Guggenheim!

Via Pitchfork

"...we wanted to create an environment where people could take some time to listen to other kinds of sounds and get away from those familiar sounds of the city. Keeping in mind the birds of the jungle, we've created an array of sounds with Animal Collective's music that is seemingly random...or is it?"

Exactement dans la thématique de ce blog, comme pour me faire plaisir, Animal Collective présentera le 4 Mars prochain une oeuvre pluri-disciplinaire temporaire au very famous Guggenheim Museum à New York. En l'espace de trois heures, l'atmosphère du musée sera complètement transformée par la musique du groupe, soutenue par, si j'ai bien compris, des projections multimédia, des décors et des costumes conçus en collaboration avec Danny Perez. C'est à suivre avec attention!



--edit: quelques photos ici 

Raymonde April- Ou l'accessibilité difficile de l'art conceptuel contemporain



Équivalences
Raymonde April
Commissaire : Eduardo Ralickas

Dans le cadre du 20è d'OCCURRENCE, une exposition en trois volets:
1- Galerie Donald Browne (au Belgo) , du 9 Janvier au 13 février 2010 -bientôt terminé
2- Les TERRITOIRES (au Belgo) , du 9 Janvier au 6 Février 2010 -terminé
3- Occurrence, du 30 janvier au 6 Mars 2010

Pensée pour être exposée dans les trois espaces que sont Occurrences, Les Territoires et la Galerie Donald Brown, cette exposition majeure dans la carrière de l’artiste n’en est pas pour autant une rétrospective. Plutôt, elle tente d’interroger le processus créatif en le traduisant en termes spatiaux (Ralickas. 2010). Raymonde April, photographe originaire de Rivière-du-Loup, n’en est pas à sa première exposition. Cette dernière est le fruit d’une longue et réfléchie sélection au travers de toutes ses archives de photos, mais aussi d’images trouvées.

Les trois espaces d’exposition sont d’une similarité frappante. En série, sur le mur blanc, des photographies sont alignées. Il n’y a pas de titres, pas de descriptifs, pas de rien. Toute la place est ainsi laissée aux images elles-mêmes. Un coin de pièce, un paysage, une scène familiale, un détail de mur, une Chine visiblement en expansion économique. Les sujets sont variés, puisés dans toute l’oeuvre de la photographe, allant du documentaire à l’intimité familiale en passant par le tourisme. Le spectateur, devant ces séries alignées aux murs, est invité à plonger dans chaque univers uniques aux photographies. Impossible de passer à côté d’une réflexion comparative entre elles de par leur juxtaposition. Ainsi, les images trouvées et les photographies de Raymonde April établissent un vocabulaire lorsque réunies, une sorte de grammaire visuelle. De l’état de contemplation face aux images, s’e dégage alors la poésie des motifs et son immatérialité. Le processus de sélection devient alors le pivot central de l’oeuvre.

Le projet fut dès le départ conçut comme un itinéraire, qui entre les trois lieux d’exposition propose à la mémoire du visiteur de macérer. L’exposition fonctionne ainsi : À partir du dialogue silencieux entre les images aux murs, une équivalence se crée entre les trois sections de l’exposition. Ainsi, en parcourant le second et troisième lieu, le spectateur fera l’expérience d’un sentiment de déjà vu. Les photos ne sont jamais les mêmes, mais certains thèmes reviennent, la disposition est semblable, et surtout, le style de l’artiste est constant. Le sens dépend donc du geste de mise en contexte, car aucun message caché, aucune critique sociale, aucuns liens thématiques n’existent entre ces choix de photographies que le choix lui-même. Les possibilités d’interprétations deviennent alors multiples, voire presque infinies. Il y a là une invitation à lire puis relire ces séries d’images, dans un va-et-vient qui enrichit et bouscule nos premières impressions (Delgado, 2010). Le concept d’espace et de tension entre les photographies provoque ainsi un processus de réflexion interne à l’exposition.


Par contre, les critères de sélection du commissaire et de l’artiste étant terriblement personnels, il est difficile pour un visiteur de s’associer au choix des images et aux liens qui les unissent. Une personne extérieure n’aura pas nécessairement les bons outils pour avoir même conscience de ce concept qui reste à la base de l’exposition. La possibilité de libre interprétation ouvre les horizons à tout types de visiteurs, et rends ainsi l’exposition accessible et universelle. Par contre, le concept d’équivalences peut facilement rester en retrait, et complètement échapper aux spectateurs s’ils n’en sont pas éclairés. Il ne resterait alors des images aux murs, nues, présentes que pour elles-mêmes et leurs jouissances esthétiques. 


16.2.10

j'aime trop les chapeaux




The Sartorialist, suivi de Garance Doré.

15.2.10

retour sur l'hipster-isme montréalais...


Nouvelle lecture sur le sujet: un article de Li'l Andy sur le blogue du festival Pop MontréalDes descriptions amusantes où l'on s'y reconnaît en rigolant, dans un texte agréable à lire. Et naissance pour moi de nouvelles réflexions:

-En 2007, Time Out New York Magazine publie un numéro spécial The Hipster must die. L'essai majeur autour duquel le numéro est fignolé semble être, comme Li'l Andy nous l'indique, ce qu'on pourrait appeler du facile: "you get the feeling he’s just licking his chops at the prospect of dressing up petty hatred as intellectual essay writing." L'auteur, non seulement en train d'avancer une supériorité écrasante de NYC sur la scène culturelle, semble dire qu'il fait implicitement partie de la solution. Ne rentre-t-il pas alors dans le type de pensées exactes que l'on cherche à éliminer ? Il y a matière à multiples réponses sur les multiples affronts que font cet essai, mais je ne m'y attarderai pas puisqu'il me semble désagréable de faire des efforts pour un type, qui au final s'y croit beaucoup trop. À lire 
ici



"‘Hipster’ may be the first word in history to be seized upon by a group of people to describe everything they loathe about themselves"

-Sur la connotation péjorative: Il semble qu'elle restera indéfiniment incrustée au terme. Mais je garde l'opinion ferme que la scène avant-garde, car c'est bien ce que sont les hipsters, devrait trouver ses solutions autour du problème de manque de fierté. Elle en bénéficierait grandement. OK, hipster définit tout ce qui est négatif, voire désagréable chez les jeunes cools (mauvaise humeur chronique, élitisme, superficialité), mais il ne faut pas non plus abuser de la catégorisation et avaler tout cru les descriptions pointues en tant que références..

Exemples : vous auriez tort de reconnaître un hipster chez la jeune adolescente à la peau blanche qui porte des vans noir et rose seulement parce qu'elle a adopté les grosses lunettes sans prescription. Attention, il est difficile de mettre des mots sur des tendances vestimentaires, puisque le 21e siècle peut nous surprendre de sa versatilité stylistique. Il ne suffit pas non plus d'un universitaire un peu snob qui suit assidûment Bande à Part pour avoir un bon spécimen de hipster sous les yeux. Et surtout, c'est pas parce que cette fille porte les fringues de grand-maman, se coupe les cheveux elle-même et qu'elle sort sur St-Laurent qu'elle est assurément de mauvaises compagnies. Bref, les petites boîtes ont leurs limites.


...réflexion à suivre?

Warm Heart of Africa



BON MATIN de la part de The Very Best featuring Ezra Koening des Vampire Weekend - Warm Heart of Africa

Marcel Dzama - Luanne Martineau - Etienne Zack

Petit tour au MACM cette fin de semaine pour une vue d'ensemble sur les trois nouvelles expos en cours:




Luanne Martineau
Body, 2006
photo: Guy L'Heureux


Luanne Martineau travaille le feutre, et ça ressemble à du vomi. À voir si vous aimez les 60s mâchées, avalées, puis regurgitées, puis remâchées... J'ai lut quelque part que c'était de l'art engagé? Peut-être, mais certainement pas au premier niveau.



Etienne Zack
Spills in Safe Environment (Abstraction), h/t, 152 x 167cm

Etienne Zack est un peintre montréalais à la facture ma foi étonnante. Beaucoup plus impressionnant en vrai qu'en reproduction, ses toiles- parfois inspirées du surréalisme- valent un coup d'oeil ne serait-ce que pour observer la touche de l'artiste. Parfois cireux, parfois pâteux, mais souvent des juxtapositions de flous et d'hyper-détaillé, le tout dans des palettes alliant gris, beige, bruns et fluos. Le hic: paradigme contemporain oblige, ses sujets égocentriques sur la réflexion sur l'atelier dans l'atelier sont tout sauf rafraichissants, et ça finit par emmerder royalement.




Marcel Dzama
We Shall Be Given Back to the Old Disharmony, 2009.h/t, 22,9 x 30,5 cm

Marcel Dzama a le mérite d'avoir l'expo la plus diversifiée, et la plus divertissante. Une première salle plongée dans le noir et remplie d'installations de théâtres de marionnettes lugubres, de poupées empaillées morbides, de chauve-souris... On y décèle de la violence mêlée à l'érotisme comme dans un Tim Burton rated R. Puis, le registre change complètement avec le reste de la (courte) expo, qui retourne aux conventionnels murs blancs du musée exposant croquis, collages et aquarelles. Y sont figurés de petits personnages répétitifs et parfois rassemblés en cercles intrigants. Faisant un rappel avec les poupées en carton mais cette fois-ci sorties des fifties, ces petits monsieurs en costard, sérieux mais loufoques, nous emmènent dans un univers de freak show de cirque. Belle palette de sépia, et séries de format agréable. Quelques sculptures ponctuent aussi le parcours: mannequins, plâtre, vêtements, costume de mascotte, le vocabulaire formel est large, et l'intérêt est piqué.

14.2.10

Étude de cas: les chapeaux et la mode




crédits photos: The Sartorialist, Garance Doré, Still in Berlin

1.2.10

Michael Jackson Marc Jacobs M.I.A. même combat?

récemment j'ai revu:
They Don't Care About Us - 1996

et ça m'a tout de suite fait pensé à:
Boyz - 2007


et puis quand j'ai vu ça j'ai tout de suite créé un champ lexical visuel:

Vive les imprimés de l'alter-mondialisme?