30.4.10

Carlito Dalceggio à la gallerie SAS

(pas une photo d'hier, mais ça vous donne une idée de sa tronche et de son style pictural en action)

Du 29 avril au 29 mai
FEAR OF DEATH - DEATH OF FEAR


Hier soir LE vernissage où il fallait être était au 4e du Belgo, à la gallerie SAS pour le lancement de l'expo de Carlito Dalceggio. D'origine québécoise, M. Carlito est en pleine carrière internationale fleurissante, et semble rafler les bonnes occasions (déjà collaboré avec le Cirque du soleil). Peut-être reconnaissez-vous son style de la murale sur St-Denis entre Maisonneuve et Ontario? Pas de doute, il a bien un style formel très établit. Et des inspirations orientales très... orientales. On a aussi été plusieurs à faire un rapprochement avec la ligne de Picasso.

Mais pas que j'aime pas. en fait je trouve son trait de pinceau très joli, ses palettes très vivifiantes, et j'envie un peu sa force créatrice qui a l'air de sortir si naturellement, sans efforts. Alors l'expo est à voir pour les raisons suivantes:
- Ça encourage nos artistes locaux, et nous/vous fait mieux les connaître.
- La gallerie SAS, pour ceux qui ne sont pas familiers avec les espaces du Belgo, c'est petit. Bref aucunement le temps de se fatiguer les jambes en trois salles.
- C'est une expo dynamique, (relativement) interdisciplinaire, et interactive. (Pour le vernissage on a eu droit à un paon bien vivant et des performances)
- C'est coloré, joli, vivifiant, je me répète?
- C'est gratuit
Pour ce qui est de l'oeuvre en tant que telle de l'artiste. eh bien je dois avouer que je suis un peu ambivalente sur le plan deuxièmme niveaux. Inspirations orientales, certes, j'aime le multiculturalisme, mais ça sent le cours de yoga dans le plateau à plein nez.. C'est bien beau la caligraphie indienne, mais collée à côté de la calligraphie arabe, et avec un mash-up de symboles signifiants pour la culture d'origine, le tout perd son sens. Il y a une filiation claire à faire avec l'orientalisme en peinture... et c'est un peu déplorable. Cette manière de s'approprier le style formel que l'on trouve exotique mais en laissant le fond de côté. Bon c'est un gars ben spirituel pis toute, mais, on dirait que ça manque de considération. C'est une vue occidentale sur l'Orient quoi. Du moins selon mes impressions.

29.4.10

AA new classic standards


je sais que c'est mal, mais j'achèterais tout le magasin.

26.4.10

BORN FREE



 

C'est le même réalisateur qui avait aussi mis la main à la pâte pour STRESS de Justice :


23.4.10

Me and my cousins and you and your cousins

Fin Avril, fin de session, musique adéquate:





j'ai trouvé le street artist qui a fait les cubes fluos: Aakash Nihalani

20.4.10

Étude de cas: le lens flare

Il est partout. Vous avez remarqué?
Les pré-adolescentes en quête de romantisme, les artistes de l'heure, les étudiants en photographie, ils se pâment tous devant ce petit effet lumineux. Instantanément, un plan sans intérêt devient teinté d'une atmosphère bénite, spéciale. C'est peut-être en quête du mysticisme de la photo unique que l'on s'arrache ce type d'images, mais après seulement quelques survols des communautés flickr et des sites de type found images comme We heart it ou les blogs tumblr, impossible de donner un caractère original à sa photo avec un lens flare. Remarquez qu'il m'a fallut beaucoup de temps pour me rendre compte que ce n'était pas simplement mes petits goûts personnels mais une véritable mode esthétique que le champ de blé, la fille en robe fleurie, les cheveux au vent et le soleil dans l'objectif.

Déjà cliché-esque?


article connexe: Avoir des idées : look washé - tonpetitlait.com ici

MIA en 3D


regardez-les images bouger sur pitchfork. Pour l'instant je ne sais toujours pas si c'est ridiculement simple et opportuniste ou si c'est démentiel comme concept visuel...

19.4.10

Les blogs d'images trouvées et la mort de l'auteur de Barthes

"Found image blogs are a dime a dozen these days, some good, some bad. Most are void of context and are just “pretty things” to look at."-itsnicethat.com


Les années soixante-dix ont vu la génération post-soixante-huitarde s’attaquer au requestionnement des droits d’auteur sur la création. Avec la photographie comme médium favorisé, mais utilisé de toutes les manières possibles, cette génération des images  s’inspirait directement du processus de réappropriation de Marcel Duchamp. Dans une amérique désabusée de l’échec humanitaire face à la guerre du Viet-nam et la commercialisation de la contre-culture issue de 68, les artistes ont tourné leurs réflexions sur cette même cuture capitaliste, consommatrice excessive d’images en tout genre.

Roland Barthes annonce « la mort de l’auteur » en 1977. La production de ces artistes de la réappropriation d’image font un « déplacement de la production à la reproduction ». Une nouvelle manière de contrevenir à l’autonomie proclamée par l’art moderniste, où l’image ne peut exister que par sa référence intrinsèque. Est donc favorisé l’appropriation, le travail en série ou répétitif, la simulation ou le pastiche, pour ainsi subvertir l’autonomie putative de l’oeuvre d’art moderniste . D’après Barthes, « la naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’auteur ». Ce qui veut dire, dès que l’oeuvre, en l’occurence une image, est dans la sphère publique, elle ne peut plus appartenir à son auteur, car pour vivre elle doit être interprétée par le spectateur. Ce dernier s’approprie, de sa simple lecture de l’oeuvre, toute signification qu’il en juge bonne, et de par le fait même la vie de l’oeuvre. L’auteur ne peut plus interférer. Le propos des oeuvres de ces artistes n’est par exemple pas exclusivement autour de la question d’auteur, mais bien plus ancrée dans une remise en question des valeurs de la culture populaire et de sa sémiotique. En effet, tout comme Prince, par exemple, Cindy Sherman dénonce les valeurs cachées dans la culture visuelle de masse à laquelle tous sont habitués.  


Richard Prince
Untitled (Cowboy)
1983

L’oeuvre de Prince conservée au Musée d’art contemporain de Montréal est un exemple type de sa production. Elle s’inscrit au début de sa carrière, alors qu’il était encore archiviste pour le Time Life Magazine, et avait accès à une immense banque d’images de magazines. Se mettant ainsi à vouloir travailler sur ce contenu, Price proposa un regard différent de l’originel. Ainsi il sélectionna, recadra, et altéra ces images de manière à leur donner un tout nouveau souffle de vie. S’inscrivant dans un contexte où la remise en question de la culture de masses et ses valeurs et au goût du jour, Prince eu une grande production d’oeuvres semblables, dont les iconiques Untitled Cowboys.

Selon Jeffrey Rian, ces images ne sont pas trouvées, mais plutôt choisies.  Il y aurait là toute la différence du processus de conception de l’oeuvre de la part de l’artiste. En d’autres mots, Prince met à l’oeuvre un procédé conscient de sélection d’images en fouillant à travers les archives auxquelles il a accès, dans un but précis. Tout comme les ready-mades de Duchamp, l’objet, ou l’image, n’est pas un choix anodin, c’est le choix de l’artiste.

Aujourd’hui, la réappropriation d’images est beaucoup plus admise au sein d’un processus artistique que dans les années 70-80, paradigme ambient oblige. À l’heure du réseautage et du partage intensif d’images sur internet (lire: web 2.0), la forme de blogue d’images trouvées devient un participant important à ce type de production. Ces blogues anonymes personnels se comptent par milliers, où les internautes se créent un espace d’expression artistique par flux de références visuelles en constante adjonction. Mais ce type de pratique peut-il réellement s’inscrire aux côtés des oeuvres de Prince? La question se pose. Peut-être qu’une éventuelle désinstitutionalisation des pratiques artistiques publiques  pourrait l’utiliser comme éventuel flambeau.

13.4.10

Artiste à découvrir de la semaine: JR


Probablement que son projet Women are Heroes a été l'une des oeuvres de street art les plus médiatisées, mais l'entièreté de sa production est originale, pertinente, et inspirante, bref c'est ma nouvelle découverte à partager. Parce qu'il n'y a pas que Banksy qui mérite notre attention!


JR a commencé à installer ses portraits photographiés en blow up dans les rues de Paris, mais s'est rapidement tourné vers des projets internationaux.
"JR possède la plus grande galerie d'art au monde. Il expose librement dans les rues du monde entier, attirant ainsi l'attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement. Son travail mêle l'art et l'action et traite d'engagement, de liberté, d'identité et de limite."   -site web de l'artiste

Comme Face2Face (ci-dessus, 2 ans après l'installation). Des portraits de palestiniens et d'israélites, d'arabes et de juifs, expressifs, vivants. En contraste avec les images que nous avons et que nous nous faisons de ce coin de pays, JR mise sur les ressemblances plutôt que les dissemblances entre les deux peuples. Le projet a été monté conjointement avec des hommes des deux communautés. Vidéo sur l'expo à Genèves en 08: 







Bon, est-ce qu'on peut encore parler de street-art? La question se pose. Remarque que le travail de l'artiste mérite beaucoup d'attention de toute manière. Alors catégorie pas catégorie, moi j'aimes ce que je vois. Quelqu'un qui a visiblement les droits humains à coeur, qui décide de prendre l'espace public pour afficher son art mais tout autant son message politique (pacifique, on s'entend, ça fait presque consensus). Pour moi, c'est l'exemplum virtutis du 21e siècle par excellence. 

vidéo retracant le travail autour de Women are Heroes, à regarder certainement (prenez le temps de vous asseoir et de le visionner au complet):






liens additionnels: 
- blog de JR sur le making of de Women are Heroes ici
-site des détails autour de Women are Heroes à Paris ici

12.4.10

Exit Through the Gift Shop sneak peak

--------------EDIT 27/04/10-----------------
Le film prendra affiche le 7 Mai à Montréal. Evénement spécial lors de la première: il est possible d'y assister pour gratuit si on est dans les 100 premiers amis. Détails sur facebook ici

--------------------------------------------------



Pour nous tous malheureux, qui n'habitons pas les USA et n'auront accès à une salle de cinéma affichant le film de Banksy dans quelques jours... en attendant donc une sortie internationale en salles ou en DVD:

8.4.10

St-Viateur


Petit plaisir visuel dans le Mile-end

5.4.10

MUTO

Pur chef d'oeuvre de stop-motion et de street art:
 (BLU est un des meilleurs artistes de la rue en Italie, pour ceux qui ne le connaissent pas)
*wiki ici
*page officielle ici

René Gruau, publiciste II