13.10.10

Encore sur l'hipster-isme

Tout le monde croit savoir de quoi il parle mais personne ne s'entend sur la définition d'un hipster.

Nouvelles tirades dans les médias suite à la publication d'une étude dans le Journal of Consumer Research sur les habitudes d'achat des "contre-culturels". Sylvie St Jacques nous parle de casquettes de camionneur et de souliers Puma. C'est moi où si ces deux éléments vestimentaires-là font partie de la garde-robe du hipster 2010, je n'aurais quasiment aucun bon repère sur ce que je croyais être les critères esthétiques du hipsterisme?

Toujours aussi superficiel, cette réflexion, vous me direz? Ben oui mais faut bien que quelqu'un s'y penche. Pas que j'y voie la plus grande importance mais, quoi que l'on dise, l'apparence reste tout de même un enjeu majeur de notre hypermodernité. Et quand l'apparence devient emblême de mode de vie, ça devient plus intéressant. Et c'est pas moi qui inventes ça.

*Pour les jeunes du Québec hors-métropole, le hipster c'est le montréalais branché et snobinard. Hm, généralisation hâtive?
*Pour le consomateur au Urban outfitters, le hipster c'est le gars juste à côté qui lui ressemble beaucoup MAIS à ne pas confondre avec lui-même! Hm, amusant?
*Pour Nicolas Langelier de P45, le hipster c'est celui qui est en train de gâcher sa vie avec les superficialités du cool. Hm, pessimiste?
*Pour Hal Niedzviecki, le hipster c'est maintenant pas mal n'importe qui. Hm, lui il a mal compris le phénomène de roulement.
*Pour le hipster, le hipster est tout ce qu'il déteste des gens qui lui ressemble.
C'est à s'y perdre, come je l'ai déjà fait auparavant.
On fait quoi?
"Asking how the modern hipster came to be begs many questions around the diffusion of cultural meaning via new media technologies, the paradoxes inherent with trying to create a counter-culture within a capitalist model, and whether a true counter-culture is even possible at this moment in Western society given our increasingly globalized world.
In short, investigating how hipsters came to be, and how they have changed as an identifiable group of people, promises to teach us a great deal about the shifts, more generally, in our society"
"Simply browsing through definitions of "hipster" on urbandicitonary.com, one can see how quicky artifacts of hipsters can become mainstreamed. The keffiyeh scarf is one example of this trend. Originally a symbol of Palestinian Nationalism (and some argue the anti-war movement), it was a popular fashion accessory among hipsters a couple of years ago, until it started being sold at places like Wet Seal and Forever 21, at which point it was quickly abandoned by hipsters. As the keffiyeh scarf example shows, in order to maintain the boundaries of their subculture, hipsters must become a community of practice. [...] Together, all of these actors serve to support one another toward a shared goal: maintaining a subculture that is always one step ahead of the mainstream."

-Lauren Alfrey, qui écrit des réflexions bien plus pertinentes que les simples citations relevées (quasi hors-contexte) de Sylvie St-Jacques et autres. Ou peut-être simplement plus proche de mes opinions.

Je reviens sur la différence esthétique contre-culturelle/activisme contre-culturel. Porter des pantalons taille haute n'est pas comme porter un keffieh (quand le symbole signifie encore une idée). La portée politique de certains éléments vestimentaires (keffieh, vêtements apparamment de seconde main) et comportements sociaux-économiques (se déplacer à vélo, faire son composte, acheter équitable ou local) est paradoxale avec l'idée d'un jeune apolitique. Que croire? C'est pas vrai qu'aucun jeune n'est conscientisé. C'est pas vrai non plus que ceux qui vont voir des shows de musique dont vous n'avez jamais entendu parler sont tous condescendants. Comme dit Arsel, il y a des gens superficiels ou désagréables partout, pas juste chez les jeunes "contre-culturels". Tout comme il y a des gens conscentisés partout.


Ah et puis ça, ça me fâche: "Les hipsters semblent bien installés dans leur habitat urbain. Bien triste nouvelle pour les habitués du café Olimpico ou du Club social".
Hey wow minute papillon. Tu insinue qu'il faudrait une VIP list au Club social? Un code vestimentaire "pas de Ray Ban ici?" Qui est moins légitime qu'un autre de profiter de nos institutions montréalaises?
Oublié de peser vos mots, Mme St Jacques? Ça ne m'aide pas à remonter l'estime très basse que j'avais pour les chroniqueur(e)s de LaPresse.

4 commentaires:

  1. Par rapport au Keffiyeh: est-ce que le port d'un symbole politique prend vraiment un signification politique si on l'abandonne dès qu'il se popularise (pour des raisons non politiques)?

    Ou est-ce que le fait qu'on l'abandonne ne témoigne pas justement des vrais raisons pour lesquelles on a adopté le symbole politique en question, soit pour se distinguer par notre coolitude trop top exclusive?

    Si je crois vraiment en la libération du peuple palestinien, je ne vais pas arrêter de manifester mon soutien pour faire partie d'une "community of practice staying ahead of the mainstream".

    C'est contre-productif et anti-politique.

    S'applique également aux vêtements de seconde main, au vélo fixed gear ou autres.

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  2. De là ma spécification suite à la citations de Alfrey. Il y a de ceux qui arrêteront de porter le keffieh, et de ceux qui continueront puisqu'il n'est pas qu'un simple élément du cool.

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  3. Gabrielle L.13 octobre, 2010

    Ayoye. Je commence a trouver que les articles sur le hipster deviennent de plus en plus lamentables. D'ailleurs, la plupart des articles semblent écrient par des hipsters (Genre le gars sur p45)/par des gens qui ''était fan'' de Vice ''dans le temps'' mais plus maintenant évidemment, ou par Matante qui lit Chatelaine. En gros, le 3/4 du temps, comme tu dis, un gars qui me parle de hipsters et qui me parle de ''Keffieh'' et de Puma...bin je sais pas, on doit pas vivre dans le même monde.

    Bien que mon explication peut sembler simple, je crois que le phénomène est particulièrement un sujet de prédilection par les gens en insécurité par rapport au phénomène. Par exemple; je crois que mon prof en Valeurs mobilières se contre-calisse des hipsters. (Fait vrai; ce matin en parlant des actualités financières, il m'a demandé c'était quoi un hipster) Mon père, en a également rien à faire des hipsters. Pourquoi? Parce qu'il a passé sa phase adolescente et que pour lui, ce ne sont que des préoccupations adolescentes...et je crois qu'il a raison. Je crois, que hipster ou ''autre'', la plupart des gens espèrent réfléchir une image vestimentaire et culturelle de ce qu'il est, ou ce qu'il aspire être, afin de s'afficher à un groupe social X. Je veux dire, la majeure partie des gens qui chialent sur les hipsters, c'est ceux qui savent pas n'en cotoient pas vraiment, et qui crient au phénomène dès que quelqu'un a le malheur d'aimer de la musique pas top 40, et qui a des lunettes ou une barbe. En choisissant de réfléchir une image telle, peut-être préfabriqué, le hipster fait comme les autres. Comme ceux et celles qui porte fièrement la combinaison Ed-Hardy/Calotte/Ceinture blanche, comme ceux qui porte le kit typique puncho-canot-altermondialisss, comme celui qui trouve que ca fait plus sérieux de montrer ostensiblement son Blackberry et d'avoir l'air corpo avec le complet veston. En bref, je sais même plus quoi rajouter, il me semble que le sujet a été repris x100, sans vraiment apporter une conclusion satisfaisante à personnne.. Mis a part que le gars de AdBuster doit vraiment être un taré pour proclamer que le hipster est l'ULTIME décadence de la société occidentale...il doit trop lire le Vice lui, c'est certain. Ou p-e qu'il a vécu un complexe d'infériorité lors de son adolescence. On sait pas trop.

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  4. @ Gabrielle L.

    «Mis a part que le gars de AdBuster doit vraiment être un taré pour proclamer que le hipster est l'ULTIME décadence de la société occidentale...il doit trop lire le Vice lui, c'est certain. Ou p-e qu'il a vécu un complexe d'infériorité lors de son adolescence. On sait pas trop.»

    On voit ici une très grande élaboration des idées... En fait, tu n'apporte rien de plus.

    Personnellement, je ne me définit pas comme hipster. Cependant, certaines personnes (bien qu'au niveau vestimentaire, je sois toujours loin de cette «mode») m'attribuent ce titre. Est-ce si dérangeant? Pas vraiment. Si on s'intéresse vraiment au mouvement, on peut comprendre son évolution. Évolution qui n'est pas simplement culturelle ou «à la mode». Il s'agit d'une évolution politique au sein de laquelle le symbole politique a pris une certaine importance. Fini le temps des babacools, on peut afficher ses couleurs tout en se souciant de son apparence.

    Le réel problème du mouvement actuellement, c'est qu'il est composé de plusieurs types de personnes dont les deux principaux sont ceux qui vont évoluer tout en continuant d'utiliser le symbole politique et ceux qui vont s'en dissocier afin de demeurer dans la marginalité. Cette dernière catégorie, je l'emmerde un peu.

    Par contre, il y un truc qui me dérange au sein du mouvement de manière générale. Les premiers hipsters à s'être affirmés comme tel ont tenter de définir le mouvement. On pouvait croire à la base qu'il s'agissait d'un mouvement exclusivement culturel et vestimentaire, mais dans leur tentative de définition, les «hipsters» ont mis de l'avant un discours politique. Et là est le problème. Un discours relativement gauchiste était mis de l'avant qui entrait en contradiction avec les habitudes de consommation de ceux-là même qui tentaient de se définir. Finalement, les premières définitions du mouvement ont fini par assumer leurs propres contradictions. Personnellement, c'est là que je pose le problème.

    Enfin, ces définitions du hipsterisme sont-elles acceptable? Comme les dadaïstes refusaient de se dire dada, plusieurs de ceux et celles que l'on pouvaient cadrer dans la définition du hipsterisme refusaient et refuse toujours d'être catégorisés comme tel. Ainsi, d'où les définitions du hipsterisme tiennent-elles leurs légitimité?

    Pour ce qui est de la cohésion syntaxique de mon propos, veuillez pardonner mon manque de caféine matinale.

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