28.4.11

Artiste à découvrir: Kent Monkman


Kent Monkman est un artiste contemporain cri basé à Toronto. Son oeuvre propose aux spectateurs des pistes de réflexion sur les questions de l'acculturation des Premières Nations, de leur assimilation politique par le gouvernement canadien, mais dérange aussi plus d'une vieille dame par son langage visuel souvent explicite sur la question du genre et de l'orientation sexuelle:
Kent Monkman est aussi Miss Chief Eagle Testickle, une drag queen qui revient sous toutes les formes (en peinture, en installation, en vidéo, en performance) ponctuer les sujets d'oeuvres de l'artiste.


Clouds in the Canyon, 30" x 40", 2008, h/t
détail:

Kent Monkman travaille ici sur la problématique de la représentation du faire-valoir, de la présence seulement suggérée ou sous-représentée des Premières Nations en peinture canadienne et américaine. Dans Clouds in the Canyon,  la présence de ces Autochtones hors-norme n’est pas visible sur le tableau peint du jeune peintre, ils semblent être délibérément effacés du paysage. L’analogie avec la présence effacée des Autochtones dans l’histoire du continent Nord-Américain écrite par les Blancs est non-équivoque.
L’analyse iconographique complète de chacune des œuvres de Monkman peut être laborieuse, mais les questions qui découlent d’une observation réfléchie de cet exemple participent toutes à la problématique de la représentation autochtone. Monkman suit entre autres la même démarche que Brian Jungen dans l’affirmation au droit de l’autodétermination identitaire des Premières Nations, mais il critique aussi sévèrement les schèmes de représentations historiques de la présence autochtone en peinture.



Dans sa dernière installation vidéo créée pour l'exposition de 2011 à la gallerie Leonard et Bina Ellen à Concordia, Monkman reprend le rôle de Miss Chief Eagle Testickle sous la forme allégorique de Marie-Madeleine aux pieds du prince de Galles en visite au Canada. Si vous connaissez un peu votre peinture (ou histoire) de la bible, vous comprendrez que l'association est forte. 
Sur cette récente exposition donc:
"La chevelure, un symbole de pouvoir, est le fil conducteur dans cette exposition. Deux allégories bibliques, à savoir le lavement des pieds du Christ par Marie-Madeleine et la trahison de Samson par Dalila, sont associées à la bataille qui a opposé les Français à la couronne britannique et à la visite du prince de Galles à Montréal en 1860. En utilisant le référent de la chevelure, Miss Chief évoque les rapports de trahison et d’assujetissement qui ont marqué les relations entre les Premières Nations et les colonisateurs européens.
Monkman revisite des événements historiques et des représentations culturelles de l’Amérique du Nord pour proposer des récits autres qui mettent à mal le discours de la civilisation et la philosophie des mythes de fondation. Il fait dérailler le discours colonial blanc en le renversant – c’est la très séduisante guerrière diva, Miss Chief, qui fait des ravages chez l’homme européen – au moyen d’une esthétique camp qui inscrit la sexualité et le désir au cœur de son projet critique."

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